Premier document de politique de la Banque mondiale dédié à la langue d’enseignement et d’apprentissage « Haut et fort : Enseigner aux enfants dans une langue qu’ils utilisent et comprennent.»

La Banque mondiale fortement préoccupée par l’acquisition des compétences fondamentales  dans les écoles, s’est intéressée aux langues d’enseignement  pour constater que des mesures inappropriées en matière de langue d’enseignement entravent l’apprentissage, l’accessibilité, l’équité, la rentabilité et l’inclusivité des apprentissages.Aussi au regard du nombre important d’élèves au niveau mondial qui reçoivent un enseignement dans une langue qu’ils ne comprennent pas, elle conclut que des progrès considérables pourront être réalisés dans le sens de la réduction de la pauvreté en apprentissage en rendant les enseignements accessibles à l’enfant dans une langue qu’il parle dans son milieu.         
Elle a présenté le 14 juillet dans cette veine,  son Premier document de politique dédié à la langue d’enseignement et d’apprentissage qui dit « Haut et fort : Enseigner aux enfants dans une langue qu’ils utilisent et comprennent ».

Ousmanne TOURE

L’instruction s’effectue par l’intermédiaire de la langue – écrite et parlée – et l’apprentissage par les enfants de la lecture et de l’écriture constitue la base des acquis dans toutes les autres matières. Le rapport Loud and Clear l’explique simplement : trop d’enfants reçoivent un enseignement dans une langue qu’ils ne comprennent pas, ce qui est l’une des principales raisons pour lesquelles de nombreux pays ont de très faibles niveaux d’instruction.

Les enfants les plus touchés par ces politiques et ces choix sont souvent défavorisés à d’autres égards – ils se trouvent dans les 40 % inférieurs de l’échelle socio-économique et vivent dans des zones reculées. Ils n’ont de surcroît pas accès, dans le cadre familial, à des ressources qui pourraient remédier aux effets de politiques d’apprentissage inadaptées sur leur éducation. Ces facteurs ont pour effet d’accroître les taux d’abandon et de redoublement ainsi que la pauvreté des apprentissages, et de réduire le niveau général d’instruction.

« Les effets dévastateurs de la COVID-19 sur l’apprentissage mettent en péril toute une génération », note MamtaMurthi, vice-présidente de la Banque mondiale pour le développement humain avantde poursuivre,  « même avant la pandémie, de nombreux systèmes éducatifs handicapaient les élèves en les obligeant à faire leurs études dans une langue qu’ils maîtrisaient mal – et bien trop souvent, qu’ils ne connaissaient pas. Il est essentiel de fournir aux enfants une instruction dans une langue qu’ils comprennent pour rétablir et accélérer le processus d’apprentissage, améliorer le capital humain et reconstruire des systèmes éducatifs plus efficaces et équitables. »

Selon le nouveau rapport de la Banque mondiale portant sur les politiques relatives à la langue d’enseignement intitulé Haut et Fort: Politiques efficaces de langue d’enseignement pour l’apprentissage, la poursuite de politiques judicieuses en ce domaine est essentielle à la réduction de la pauvreté des apprentissages et à l’amélioration d’autres acquis scolaires, à l’équité et à l’inclusion.

Le rapport note que, lorsque les enfants commencent leur scolarité dans une langue qu’ils parlent et qu’ils comprennent, ils acquièrent plus de connaissances, sont mieux en mesure d’apprendre d’autres langues, peuvent faire des progrès dans d’autres matières, comme les mathématiques et les sciences, sont plus susceptibles de poursuivre leurs études et jouissent d’une scolarité adaptée à leur culture et aux conditions locales. Cela permet aussi d’établir des bases optimales pour l’acquisition ultérieure d’une deuxième langue à l’école. Une politique judicieuse en matière la langue d’enseignement améliore les apprentissages et le parcours scolaire, réduit les dépenses nationales par élève et, ce faisant, permet d’utiliser de manière plus rationnelle les ressources publiques de manière à élargir l’accès à une éducation de qualité pour tous les enfants.

Pour Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour la région de l’Afrique de l’Ouest et centrale, « la diversité des langues parlées en Afrique subsaharienne est l’une des principales caractéristiques de la région – cette dernière compte cinq langues officielles, mais plus de 1 500 langues minoritaires, le nombre de ces dernières étant de 940  uniquement en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, ce qui accroît encore les défis posés par l’éducation.» « En adoptant de meilleures politiques concernant la langue d’enseignement, les pays permettront aux enfants de mieux commencer leur scolarité et de suivre un parcours qui permettra de forger le capital humain dont ils auront besoin pour assurer la productivité et la croissance à long terme de leur économie » a-t-il déclaré.

« Le message sonne haut et clair. Les enfants apprennent mieux lorsqu’ils reçoivent une instruction dans une langue qu’ils comprennent, et ils acquièrent ainsi des bases optimales pour apprendre une seconde langue. Il importe de prendre des mesures pour remédier à cette profonde et injuste crise de l’apprentissage. Les investissements consacrés au système éducatif dans le monde entier ne permettront pas de réellement améliorer les acquis scolaires si les enfants ne comprennent pas la langue utilisée à l’école. Il est possible de faire reculer dans une large mesure la pauvreté des apprentissages en assurant aux enfants un enseignement dans la langue qu’ils parlent au foyer » à souligné Jaime Saavedra, Directeur Général pour l’éducation à la Banque mondiale.  

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