Quelle qualité de l’éducation sans les principes moraux ?

Après « l’éducation pour tous d’ici à l’an 2015 » fixé par la communauté internationale dans le cadre des Objectifs millénaires pour le développement (OMD), le quatrième  des Objectifs de développement durable (ODD), a indiqué un nouveau cap : veiller à ce que tous puissent suivre une éducation de qualité dans des conditions d’équité et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie. Depuis lors (septembre2015), offrir une éducation de qualité est devenu l’objectif majeur de tous les systèmes éducatifs de par le monde, et donc en Afrique.

Mais au regard de la vision de transformation de notre monde en éradiquant la pauvreté et en assurant sa transition vers un développement durable qui sous-tend les objectifs, à quelle qualité de l’éducation aspire-t-on, lorsqu’on y intègre pas fortement les principes moraux ?  

Selon Larousse, la qualité se définit également comme le bien ou le service qui convient le mieux. C’est dire qu’une éducation de qualité ici, est celle qui est capable de conduire à la concrétisation de la vision, c’est à dire transformer notre monde en éradiquant la pauvreté et en assurant sa transition vers un développement durable.

Malheureusement, il est un secret de polichinelle que la campagne pour une éducation de qualité orchestrée depuis lors, n’aborde nullement la question des valeurs morale – éthique – et citoyenne. Et pourtant dans le contexte africain, la question de ces valeurs se révèle chaque jour plus préoccupante, au point à nous interpeller et nous contraindre de façon irréversible à des actions engagées et résolues pour une éducation véritablement de développement.

« Les ennemis de l’Afrique sont les africains » dira le grand artiste chanteur engagé, Apha Blondy  qui insiste, persiste et signe cette assertion, qui en vérité se lit constamment à travers les paroles et les actes de nos gouvernants, chefs d’entreprises, élites et même de ceux dits de la société civile. Des contre – valeurs qui n’auraient pas eu droit de citer si nos systèmes éducatifs avaient suffisamment intégré les principes moraux indispensables à l’accomplissement de l’une de ses missions cardinales, la socialisation de l’individu.  

En effet, les principes moraux découlent de plusieurs valeurs morales. Droz définit l’éthique comme un ensemble rationnellement structuré de valeurs explicites qui définissent le bien, le juste et le beau, par lequel quelqu’un rend compte de lui-même, de ce qui le fait exister et agir.        
Les valeurs morales sont les règles et principes qui édictent rigoureusement la conduite et les mœurs appropriées pour être bon, faire le bien et vivre ensemble dans le respect fondamental de l’autre.

La justice, la loyauté, la générosité et la responsabilité individuelle sont des idéaux supérieurs auxquels il est important d’obéir : ce sont des valeurs morales. De même, « ne pas faire aux autres ce qu’on ne veut pas qu’ils nous fassent » est une règle que plusieurs trouvent fondamentale. C’est pour eux un principe moral.

L’éducation se définissant aujourd’hui  plus couramment comme l’apprentissage et le développement des facultés intellectuelles, morales et physiques,… (Wikipédia), l’école porte la grande responsabilité de cette déviance morale grave, qui jusqu’ici est la réelle cause profonde  de la pauvreté en Afrique.

L’école héritée du colonisateur a le « mérite » de faire perdre aux africains leur identité sociale, politique, régionale, nationale, ethnique, religieuse,… Elle a « réussi » à faire d’eux des étrangers sur leur propre sol. Il s’impose alors une réappropriation cette école des blancs en l’adaptant à nos exigences de développement.

Somme toute, les normes de la qualité de l’éducation en Afrique doivent avoir ses spécificités, notamment les dimensions  morale – éthique – et citoyenneté.

Bernadin AGBOKPE

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