Métier d’enseignant : de la noblesse à la précarité

Le métier d’enseignant est noble. Noblesse qu’il tient de son rôle, de sa mission  et donc de sa place prépondérante  dans tout système d’éducation et de formation. Puisqu’on ne devient pas cuisinier si on n’aime pas manger, on ne devrait pas devenir enseignant si on n’aime pas enseigner. Pas besoin que le cours devienne un spectacle du Cirque du Soleil, il faut juste que les élèves sentent que leur maître trippe sur la matière. Ça prend de l’entrain. De l’enthousiasme.

Il n’y a qu’une seule façon d’apprendre, c’est en aimant. Si on ne fait pas aimer aux élèves ce qu’on leur demande de retenir, ils ne s’en souviendront jamais. L’indifférence n’a pas de mémoire.

La vocation doit être sincère et bien visible. Car c’est de cela que l’on parle. Tenir assis sur des sièges une cinquantaine voire plus de ti-culs pendant toute une journée, il faut le faire. Même les parents ont de la misère à captiver leurs enfants durant un week-end. Imaginez durant une semaine, des étrangers qui se relayent pour essayer de transmettre connaissances, culture et savoir-vivre à un auditoire qui ne rêve qu’aux vacances de Noël. Il faut le faire.

Les médecins ont la responsabilité de guérir les patients. Les enseignants ont le devoir d’intéresser les apprenants.

C’est sûrement la plus noble des tâches. Permettre à un individu de grandir. Dans tous les sens du terme. Quel noble métier que celui d’enseigner et quelle responsabilité. C’est comme donner la vie, … telle une maman qui désire un enfant et qui se prépare à le recevoir afin de lui donner le meilleur, il en est de même pour l’enseignant qui a conscience de sa lourde tâche et qui se prépare à outiller l’enfant pour le faire grandir .Voilà une tâche des plus nobles.

Seulement, les enseignants comme les sportifs, les politiciens, les plombiers, les chroniqueurs, ne font que ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont. Si c’est le devoir des enseignants de stimuler leurs élèves, c’est le devoir de la société de stimuler les enseignants. En valorisant le métier. En structurant les écoles autour de leur talent. En leur permettant d’être imaginatifs. C’est en aidant les enseignants à être meilleurs que les apprenants le seront. C’est la seule réforme possible.

Partout en Afrique Subsaharienne, des écoles ont été construites jusque dans les coins les plus reculés, avec comme corollaire le recrutement massif d’enseignants généralement non qualifiés, mettant à mal l’Exigence de qualité (Unesco, 2004).

Les populations locales exigent d’avoir accès aux bienfaits de l’éducation ; elles exercent également une très forte pression sur le système éducatif par une demande d’éducation accrue avec des exigences de qualité (Unesco, 2005). Les partenaires internationaux au développement exercent également une forte pression sur les systèmes d’enseignement et de formation pour en améliorer l’efficacité. Conjuguées ensemble, ces pressions poussent à parer au plus urgent comme dans une sorte de fuite en avant faite de recrutement d’enseignants sans le niveau d’études attendu et sans une formation professionnelle digne de ce nom. On les appelle enseignants vacataires, enseignants pré-insérés, enseignants communautaires, enseignants contractuels, les aspirants…, ces jeunes prêts à tout faire qui, par la force des choses, deviennent enseignant contre un salaire de misère ; une précarisation de fait de la fonction enseignante. Alors, quel rendement peut-on attendre de ces enseignants socialement vulnérables, psychologiquement instables, qui malheureusement peuplent majoritairement nos écoles, collèges et lycées publics ?            Çà, quelqu’un devrait l’apprendre à nos gouvernants qui attendent le miracle. Ensemble faisons de la Morale – l’Ethique – la Citoyenneté, le fondement d’une éducation de développement en Afrique, en faisant la promotion des enseignants modèles.

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