Le besoin de savoir vendre ses compétences

Ils sont pour la plupart à la recherche d’un premier emploi, ces jeunes pompeusement appelés Jeunes diplômés sans emploi. Ils sont à la fin du cycle ou en fin de formation professionnelle qui, bien que trentenaires ou presque, continuent d’être partiellement ou totalement à la charge de leurs parents. Il s’agit de la force de travail qui au lieu d’être au service
du développement en constitue un frein.

Voilà qui suscite interrogation surtout que, malgré un semblant de prise de conscience à divers niveaux, le phénomène persiste ou dans le meilleur des cas, fait place à de la débrouillardise.

Trois causes sont identifiées. D’abord la question de l’inadéquation formation – emploi. Comme un effet de mode, l’inadéquation formation – emploi a fait l’objet de campagne médiatique. Préoccupation largement partagée en son temps, elle a le mérite de mettre en lumière, les offres de formation de nos lycées et de nos universités qui ne tiennent toujours pas compte des besoins du marché du travail. Conséquence, les offres sont de mieux en mieux adaptées et les curricula nettement améliorés.

Ensuite, l’inexistence de structure spécialisée ou de mécanisme éprouvé d’orientation des jeunes lycéens ou étudiants vers les filières existantes sur la base de leur personnalité, leurs aptitudes et autres déterminants. Il s’agit à ce jour d’un sérieux handicap pour les systèmes éducatifs surtout en Afrique subsaharienne francophone, qui mine la carrière envisagée de ces jeunes qui a défaut de boussole se lancent dans des formations à leur risque.

Et enfin, l’incapacité des diplômés une fois en fin de formation de se faire valoir, autrement dit, de se vendre sur le marché de l’emploi. Certes, il est largement admis que les systèmes éducatifs en Afrique sont mal en point. Mais ils ne produisent cependant pas que de cancres, il y en a qui sont de vraies ressources humaines qui malheureusement restent diplômés sans emploi. Et pour cause, l’objectif fixé au terme de la formation, ou des études a été beaucoup plus d’acquérir le diplôme que des compétences.

Notre cri de cœur vise donc à attirer l’attention de toutes les parties prenantes pour une éducation réellement au service du développement en Afrique, sur la fonction première de l’école qu’est de donner le savoir vivre, le savoir faire et le savoir devenir et non former pour des diplômes.

Il s’agit au concret, d’inclure dans les curricula quelque soit le domaine, un volet « savoir devenir » qui consisterait à doter les apprenants des capacités de créer pour les entreprises, qu’elles soient publiques ou privées, le besoin de consommer leurs compétences.

Ainsi, au lieu d’attendre une éventuelle annonce de recrutement, que ce soit une annonce venant d’eux, à l’attention des entreprises ou de l’administration publique, qui informe de la disponibilité des compétences qui répondent à leurs besoins dans tel ou tel domaine. Il s’agit de susciter la demande de leurs savoir – faires.

A quoi servirait-elle, une éducation financée sur les ressources du contribuable qui n’inculque pas les valeurs morale, éthique et citoyenne à ses apprenants? La finalité de l’école n’est pas le pourcentage à l’examen de fin d’année.
Une école qui ne conduit pas à terme, à l’acquisition des compétences professionnelles avérées, des valeurs humanitaires et éthiques doublées des aptitudes à pouvoir les monnayer et d’en vivre décemment, ne mérite pas d’exister.

Bernadin AGBOKPE

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