Corruption en Afrique, notre école a failli

L’ONG Transparency International vient de rendre public son dernier classement annuel sur l’indice de perception de la corruption (IPC) dans le monde. L’indice qui classe 180 pays et territoires, dont 54 en Afrique en fonction du niveau de corruption dans le secteur public, tel qu’il est perçu par les experts et les hommes d’affaires, utilise une échelle de zéro à 100 où zéro correspond à un système très corrompu et 100 à un système très faiblement corrompu.

Sur les 54 pays africains, seulement 06 selon l’indice de perception de la corruption (IPC) ont obtenu des scores supérieurs à 50/100. Signe que la corruption continue de régner sur le continent, n’épargnant pas la gestion de la crise sanitaire engendrée par la covid-19.

Un constat, dont personne ne s’en émeut puisqu’il s’agit de l’Afrique. Ce continent unanimement reconnu comme celui des contre – valeurs.

Sur les 54, seulement 06 ont franchi la barre d’acceptable.

Au lieu de susciter indignation, révolte et engagement à inverser cette tendance, de la part de nos gouvernants, de notre élite, de toutes les parties prenantes pour une Afrique du futur que nous voulons, ces statistiques sont accueillies dans une indifférence notoire ; une passivité inquiétante qui ne peut qu’alimenter l’afro pessimisme.

Pourrait-il en être autrement ? doit on s’interroger pour peu qu’on croit encore et vraiment en une Afrique, contient de l’avenir.

La corruption relève d’abord de l’imperfection naturelle de l’être humain. Nul n’est à priori incorruptible. C’est ce qui fonde d’ailleurs la fonction première de l’éducation.

En effet, telle une matière brute, naquit l’Homme. A cette matière il faut donner une forme, des contours pour la rendre utile à toutes bonnes œuvres. A cette fin, l’éducation s’attèle à la formation globale de l’individu, à tous les niveaux (au niveau religieux, moral, social, technique, scientifique, médical, etc.)

Elle est sensée d’abord rendre l’Homme sociable, ensuite l’instruire et enfin le doter de compétences assorties des outils de développement personnel pour affronter, résister et gagner face à ses propres faiblesses et aux vicissitudes de la vie. Eduquer ; instruire,  former et forger les caractères constituent donc la fonction sociale de l’éducation par l’école.

Malheureusement, nos systèmes éducatifs, tels que structurés et organisés n’ont pleinement pu remplir cette fonction, bien au contraire.

Tenez, nos systèmes ne forment prioritairement que pour les compétences et donner des diplômes, et ce, au mépris des valeurs morales, éthiques et citoyennes. Ce faisant, l’Afrique se dote de dirigeants techniquement valables, une élite compétente mais nulle au plan moral, éthique et citoyen. Aucun respect pour le bien public, prompts à contourner toutes dispositions légales. Des corrompus d’une perversité qui échappe à la raison.  

Avec un score moyen de 32, l’Afrique subsaharienne en particulier est la région la moins performante sur l’IPC, affichant peu d’amélioration par rapport aux années précédentes. Dans toute la région, la pandémie de covid-19 met en évidence des lacunes structurelles dans les systèmes nationaux de soins de santé, des risques de corruption associés aux marchés publics et le détournement de fonds d’urgence, indique Transparency International.

Notre école qui est le lieu par excellence de socialisation des jeunes citoyens a donc failli.

Laisser un commentaire