Acte de démission et éducation

L’éducation en Afrique subsaharienne se révèle de plus en plus comme une éducation sans fondement, un château bâti sur du vent. Une machine dont les pièces de rechange sont toujours calquées sur les modèles extérieurs, qui ne forme que des
extravertis qui pensent et agissent en néo – colons, se comportant comme le prolongement des institutions internationales, qui travaillent à endetter chaque jour un peu plus l’Afrique

Démissionner pour l’honneur, l’élite africaine en générale et subsaharienne en particulier ne connait pas.

Pour des intérêts bassement égoïstes, elle s’accroche, tente de justifier par la ruse ce qui pourtant crève l’œil. Sa parole d’honneur n’engage que celui qui y croit. Son leitmotiv, est pourvu que. Pourvu que mon salaire soit assuré, pourvu que je trouve mon compte, pourvu que, pourvu que…

Au Liban, entre soupçon de corruption et négligence suite à l’explosion le 04 Août 2020 du dépôt du nitrate d’ammonium ayant fait des milliers de victimes, le premier ministre et son gouvernement ont démissionné.

Pour raison de santé, le premier ministre Japonais Shinzo Abe a officiellement annoncé sa démission.

En Afrique ce ne serait certainement pas le cas. Et pourquoi ? Pour incapacité de ses systèmes éducatifs à inculquer en leurs apprenants, les valeurs (morales, citoyennes et éthiques) comme principes de vie.

Tenez, l’Afrique fait depuis 60 ans, l’expérience d’une élite techniquement bien formée, compétente et talentueuse, mais nulle au plan morale, citoyenneté et éthique. C’est malheureusement cette élite pour qui ces valeurs ne sont que des mots, qui a, depuis toutes ces années jusqu’à nos jours, occupé les postes de décisions ou des principaux conseillers stratégiques. La suite nous le savons.

Comme l’a dit un grand poète indien « En l’absence de valeurs il n’y a que confusion et chaos. Lorsque les valeurs se
désintègrent, tout se désintègre, la santé se désagrège, la pauvreté triomphe de prospérité, les sociétés et les civilisations s’effondrent. »

Et pour cause, ces valeurs portent le citoyen d’une communauté à prendre conscience autant de ses devoirs que de ses droits et d’agir pour le bien de la collectivité. Dans tous pays où ces valeurs ont été négligées, le risque est permanent de voir se constituer des groupes qui tendent à renverser les institutions à leur profit qu’il soit personnel ou idéologique.

L’éducation étant par définition préparation à la vie, l’un de ses objectifs prioritaires est de faire acquérir aux enfants,
l’autonomie des actes et des conduites en développant au mieux leurs aptitudes à prendre des initiatives et des décisions constructives et responsables. Il s’agit de préparer les enfants à devenir des hommes conscients des réalités et problèmes de leur environnement immédiat et lointain, des hommes moraux à tous égards, des citoyens actifs et déterminés à promouvoir la démocratie par l’exercice réel de leurs droits et devoirs.

Quitter son poste pour laver son honneur est un acte de grandeur ; un haut niveau de conscience; un choix délibérer d’assumer ses erreurs, d’exprimer son regret ou sa compassion à des victimes innocentes qu’on aurait pu éviter si le comportement qu’il fallait avait été observé. Le sort de l’Afrique est donc scellé tant que les systèmes éducatifs traîneront cette tare. C’est déjà un pas de franchi que d’en prendre conscience. Vivement que cette prise de conscience soit largement partagée au point d’inverser latendance. Evidemment, un tel changement nécessite virilité, courage et décision. Comme a averti Célestin FREINET, « le moins qu’on puisse dire de toutes vertus, c’est qu’elles ne se cultivent point par l’obéissance et la passivité, mais par l’action. »

Bernadin AGBOKPE

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